Entretien avec Jerôme Commerçon, Associé, SCOTTO Partners

 In Non classifié(e)
  • Pouvez-vous nous décrire votre parcours académique et professionnel, jusqu’à aujourd’hui ?

Mon cursus est assez particulier. Dans mes premières années post baccalauréat, je pensais vouloir devenir expert-comptable. C’est pourquoi, j’ai intégré un cursus de finance et comptabilité à la Sorbonne. Au cours de cette formation, je me suis aperçu que mon intérêt se dirigeait surtout vers la fiscalité, qui est au confluent des métiers du chiffre et du droit. C’est alors que j’ai envisagé d’exercer la profession d’avocat. Le type de structure qui m’intéressait à l’époque étant les cabinets d’envergure internationaux, j’ai alors choisi de joindre HEC en complétant ma formation par un troisième cycle qui offrait davantage de visibilité à mon profil. A l’issue de ce cursus, n’ayant toutefois toujours pas de spécialisation fiscale, j’ai intégré le 221 (en 2001). Cela m’a par ailleurs permis de présenter l’examen d’entrée au barreau et d’avoir une offre d’embauche dans la foulée.

Concernant mon parcours professionnel, après plusieurs stages, j’ai passé quatre ans chez Willkie Farr puis près de dix ans chez Latham & Watkins, en me concentrant sur les opérations de private equity. J’intervenais à l’époque essentiellement pour des fonds d’investissement. Par la suite, il m’a été proposé de constituer une équipe fiscale chez Scotto Partners. Cela fait maintenant six ans que j’y suis. Mon activité y est dédiée au conseil des dirirgeants/entrepreneurs et de leurs groupes, que je conseille dans le cadre d’opérations de M&A et la construction et mise en œuvre de management packages.

  • Pourquoi le 221, et que vous a-t-il apporté ?

Lorsque j’ai recherché une vraie spécialisation technique en fiscalité, je recherchais à la fois une formation qui m’apporterait un véritable complément en termes d’apprentissage de savoirs mais également de perception par des cabinets d’avocats. L’entretien d’accès au 221 m’avait largement convaincu sur ce point, à la fois par le dynamisme de l’équipe pédagogique et la notoriété de Dauphine et du 221 en particulier.

Les enseignements se sont révélés à la fois particulièrement pointus et pragmatiques et le corps professoral était déjà composé d’un juste équilibre de praticiens, avocats et directeurs fiscaux, et de professeurs de droit de très grande qualité.

Par la suite, comme je l’avais anticipé, être issu de Dauphine, et surtout du 221, m’a permis de bénéficier efficacement du rayonnement de cette formation qui, à l’époque déjà, jouissait d’une excellente réputation. Le 221 était déjà classé parmi les meilleures formations en matière fiscale. Il offrait une ouverture professionnelle considérable, et les postes occupés par les anciens de la formation étaient une source de motivation supplémentaire.

  • Quelles sont, selon vous, les points forts du 221 ?

Le premier est sans conteste son côté très orientés sur la réalité des affaires. Comme je l’évoquais avant, les enseignements sont dispensés par des praticiens et des professeurs de droit particulièrement reconnus dans leur domaine. Les directeurs du 221 font bénéficier à leurs promotions de leur réseau, ce qui est très appréciable. Leur dynamisme et la qualité avec laquelle ils dirigent cette formation doit d’ailleurs être soulignée.

Aussi, le 221 a cette particularité d’être très orienté vers la finance et la gestion et ne se contente pas d’appréhender la matière sous l’angle du pur droit fiscal. Avoir conscience des enjeux liés à la prise de décisions et leur répercussions fiscales dès le M2 est un réel atout pour les futurs praticiens de la fiscalité que sont les étudiants de la formation.

  • Pourquoi la profession d’avocat fiscaliste ?

Mon affinité pour cette matière exigeante qui nécessite de maîtriser tant les matières juridiques que des matières plus économiques en est une raison évidente. Mais dans mon cas, la question serait plutôt de savoir pourquoi avoir poursuivi cette profession après toutes ces années alors que d’autres opportunités très séduisantes se sont présentées pendant ma carrière. Tout simplement, mon ADN est définitivement plus axé vers le conseil que vers l’univers des directions fiscales et ce pour plusieurs raisons. Tout d’abord, je trouve le côté « multicasquettes » de la profession très stimulant intellectuellement. En effet, j’aime être amené à traiter de dossiers divers avec plusieurs clients à la fois. Ensuite, mon appétence pour la matière transactionnelle se trouve plus facilement satisfaite en cabinet, dans la mesure où il est plus rare de traiter de ce genre de sujets en entreprise. La pratique du deal me permet ainsi d’être au contact de matières que j’aime comme le droit des sociétés, la négociation, la finance, etc. et cela est très plaisant. Aussi, le côté entrepreneurial que l’on retrouve chez Scotto Partners, compte tenu de la taille du cabinet et de la nature de nos client, me permet de m’épanouir au quotidien. Enfin, le fait que la fiscalité évolue en permanence et soit à la convergence du droit et d’autres disciplines me permet de pratiquer au quotidien une matière dans laquelle j’ai l’impression de me renouveler en permanence.

  • Votre parcours vous a amené à exercer dans des cabinets de renom, le 221 a-t-il été un atout ?

Le 221 est un atout à double titre. Il constitue une formation très appréciée des recruteurs et extrêmement valorisante sur un CV. Ensuite, les enseignements dispensés par les praticiens permettent aux étudiants d’acquérir de bons réflexes une fois lancés dans la mise en œuvre pratique de la matière dans un cadre opérationnel, que ce soit en cabinet ou en entreprise, sans être enfermés dans des carcans trop théoriques. D’ailleurs, au cours des entretiens qu’il m’arrive de faire passer à des candidats, je remarque sur ce point une qualité nettement supérieure des étudiants issus de la formation. Ensuite, lorsqu’il en va de faire ses preuves, c’est là que le 221 prend toute sa puissance. Dans la mesure où il prodigue cette culture ouverte sur le droit et la finance, il arme intelligemment les étudiants de la formation, leur permettant ainsi d’être capables de raisonner en manipulant des règles juridiques, tout en maîtrisant la technicité des autres disciplines.

  • Vous dispensez également des enseignements au sein de la formation, quel regard portez-vous sur les promotions que vous voyez se succéder ?

La particularité du 221 est cette typologie variée d’étudiants qui viennent de parcours différents, ce qui est extrêmement enrichissant et fait notamment la force de la formation. En ce qui concerne leur niveau d’implication, il peut varier d’une promotion à l’autre. Dans l’ensemble, je remarque que les étudiants s’impliquent grandement et n’hésitent pas à interagir lors de mes interventions. Surtout j’ai le sentiment que nombreuses sont les promotions qui développent un véritable esprit de corps. Je pense que cela est notamment dû à l’attrait pour la matière et à l’entente au sein de la promotion dans la mesure où cette variété des profils est un réel atout.

  • Un conseil aux futurs étudiants de la formation ?

Il me semble qu’une faculté à se remettre en question est importante. Ainsi, pour ceux qui se destinent à la profession d’avocat, il est judicieux d’avoir à cœur de fournir à son client une réponse toujours plus complète et personnalisée. Si un conseil sur-mesure est indispensable pour répondre à la sollicitation de tout client, il est aussi important d’aller au-delà en anticipant les éventuelles questions qu’il serait amené à poser par la suite. Cette prise d’initiative confère une réelle valeur ajoutée et est déterminante pour instaurer un climat de confiance avec sa clientèle, et se voir ainsi confier la gestion la plus complète de ses projets.

Recent Posts